Un samedi et un dimanche engagé pourrait en être le titre.

Après avoir rejoint Jo venu de Toulouse en covoiturage, nous montons au refuge samedi matin, grillade, coupe du bois pour en avoir à la sortie du trou car il fera nuit, grillade et préparation du matériel.

L'objectif, descendre à -320 pour rééquiper une partie du Barrenc de la Serre, en profiter pour purger deux agrandissements et commencer le déséquipement complet du Barrenc. Je mets en place la corde du P90, puis je descends le P50, le Bouquetin avec son beau squelette pris dans les éboulis, la Pierre Branlante qui est toujours aussi gluante, le P80 et son câble électrique toujours aussi chiant, le Palier du Chat qui ne fait plus miaou depuis bien longtemps. D'ailleurs, pourquoi un chat à - 220! énigme!, puis la dangeureuse trémie pour retrouver ensuite l'actif jusqu'au passage de L'anguille. Une bonne purge, et l'anguille devient congre, c'est nettement mieux ainsi et surtout bien plus facile à passer. Je rééquipe et en descendant je purge au mieux les 60 mètres jusqu'au Portefeuille qui lui aussi c'est bien élargi, car avant c'était un passage de type "A l'égytienne", maintenant c'est de face avec les épaules qui frottent un peu.

Jo, qui était resté haut dessus de L'Anguille par précaution durant la purge pour ne pas m'envoyer de cailloux, me rejoint. Un moment de repos, boire, manger, et retour vers la surface. J'essaie de me protéger au maximum des ébats de Jo et de la nature pendant sa remontée, et ayant éteint ma lampe, j'admire les chutes des cailloux qui font des étincelles en rebondissant dans le noir. Fatalement, certains en profitent pour me harceler. J'entend à peine jo me dire que la voie est libre. Je remonte en déséquipant pour le retrouver juste sous la trémie, ou il termine de mettre dans ses deux kits la ligne de tir de 100 mètres, un bout de corde et tout le matériel de désob....

Jo reprend sa montée et j'attends qu'il soit passée au delà de la trémie pour reprendre le déséquipement jusqu'au palier du Chat. Malheureusement, au fractionnement suivant, alourdi par ses kits, Jo coince la corde derrière des blocs et lorsque j'arrive au fractionnement, je ne peux plus poursuivre ma remontée car la corde est totalement coincée et bien tendue.

Deux solutions : faire redescendre Jo sur corde tendue ou couper la corde. Je choisis la seconde après une bonne analyse des noeuds pour bien vérifier que je pourrais récupérer les deux mètres de plus du changement de corde, en souhaitant que cela soit suffisant pour détendre et dégager la corde. Par sécurité, je fais un noeud en bout du surplus de corde et je coupe au niveau de l'amarrage. Après un peu de gymnastique et beaucoup de transpiration, la corde se dégage. Je refais un noeud dans l'amarrage et reprend la montée, mais ayant sévèrement raccourcie la corde, j'ai l'impression de passer derrière un équipement façon "Henri" (C'est à dire très très court). Malheureusement, c'est certainement là que ma poche s'étant ouverte, mon appareil photo est tombé et bien que résistant aux chocs, je pense que 40 m lui auront été fatal.......

Je rejoint Jo à La Pierre Branlante qui en a profité pour dormir un peu. Nous reprenons la montée tout doucement avec nos deux kits bien remplis et très lourds pour sortir du trou à 5 h 30, soit 14 heures sous terre. La bière est bonne à cette heure là....

Après la grillade et quelques verres de bon vin, nous nous couchons alors que le soleil se lève. Repos bien mérité. Les courbatures, c'est pour demain.