Ce samedi 6 février, c'est le vaillant petit Niva de François (remis d'une faiblesse d'un roulement de roue) qui est chargé de nous transporter avec Marylou et Jean-François au dessus de Roquefort des Corbières.

Objectif de la sortie pour François, équiper le barrenc jusqu'a la salle des Marais, à la demande d'un groupe d'études des chiroptères, et pour nous deux, découvrir une cavité à la morphologie inhabituelle pour le massif. En effet si son ouverture est localisée sur un petit replat à 155m d'altitude, le fond se trouve au niveau de la mer et est en connection avec un réseau actuellement noyé par la remontée du niveau marin. La visite de géologues (JY Bigot Spéléaude n°13) a mis aussi en évidence qu'il ne s'agit pas d'un aven perte, mais d'une cavité qui a fonctionné en puits-cheminée, avec un creusement du bas vers le haut.

Nous attaquons la descente à 10:00, chacun chargé d'un bon kit de cordes, François avec en plus une belle collection de maillons rapides, autres mousquetons et sangles diverses. La cavité constituée d'une galerie aux belles dimensions, est une succession de toboggans et puits, qui nécessitent de nombreux fractionnements pour éviter les frottements de corde, à la grande joie de Marylou, et Jean-François...L'équipement n'est pas évident, et nécessite quelques reprises et adaptations pour le rendre plus confortable (?). Arrivés dans la salle intermédiaire à -60, nous pouvons admirer les creusement successifs qui en ont marqué les parois, prouvant que le niveau d'eau fluctuait à ce niveau. On continue en enchaînant un puits un toboggan, un autre puits un autre toboggan et enfin un dernier puits qui nous dépose dans la gigantesque et gadouilleuse salle des Marais (il est 16:00). Et là, surprise, pas un chiroptère au plafond, peut être sont ils réfugiés en face, dans le réseau supérieur ? Le tapis d'argile molle qui tapisse la salle n'incite pas à la promenade touristique, par peur d'y laisser les bottes, et c'est d'un commun accord que nous attaquons la remontée, après s'être hydratés et un peu reposés (?) et résisté à l'envie d'une bataille de boules d'argile.

Le premier puits est avalé tranquillement, en admirant l'efficacité du Croll et de la poignée, qui arrivent à maîtriser une corde aussi boueuse. La suite est un peu plus laborieuse, l'enchainement de toboggans ou il est difficile de trouver la meilleure efficacité: Croll+Poignée+ pédale, ou poignée toute seule, ne facilite pas la progression. La fatigue aidant, a la sortie Du P10 c'est une lampe de secours qui décide de prendre son indépendance et de rester dans le trou, et à celle du P18, c'est une pédale jalouse de la lampe, qui décide de faire pareil..... Mais c'est quand même à trois, soulagés du poids des cordes, que nous sortons enfin du Saint Clément il est 17:00.

Bilan: On a évolué dans une belle cavité atypique, senti le courant d'air bien frais qui, quelques fois descendait dans la galerie, on n'a pas vu de chiroptères mais on en a peut être entendu (ou c'était le bruit de l'eau ?) on a croisé quelques bestioles : araignées, myriapodes, et même un ver de terre dans le T40 (?) on a partagé des moments de découverte, de fatigue, de concentration, d'interrogations (bon sang! comment je vais réussir à me longer/délonger, dans/de ce fichu amarrage...) de séparation (lampe, pédale..). Finalement que du bonheur, et quelques douleurs/courbatures pour ce soir et demain....peut être

Trés heureux d'avoir partagé cette belle journée.

 

DSCN9147François équipe le T38

DSCN9148Départ du T38, belle galerie

DSCN9151Marylou au départ du P10

DSCN9154Marylou au départ du P15

DSCN9156aP15

DSCN9159Dans la salle des Marais et son environnement gadouilleux